Pour le porte-parole de la délégation japonaise, cette percée n’est qu’une première étape. La disparition du moratoire n’est plus qu’”une question de temps”. Une hypothèse “tragique” que les associations écologistes et le Fonds international pour la protection des animaux rejettent. Mais force est de constater que la politique de lobbying menée depuis une vingtaine d’années par Tokyo a payé.
Selon les adversaires du Japon, l’Australie en tête, l’Archipel a dépensé des dizaines de millions de dollars sous forme d’aides au développement pour “acheter” les voix des petits Etats du Pacifique et des Caraïbes, mais aussi celles d’Afrique de l’Ouest (Le Monde du 16 juin). Si en 1980, les Japonais ne pouvaient compter que sur le soutien d’une douzaine de pays, en 2005, une trentaine les avaient rejoints. Mais les votes n’avaient pas basculé en raison d’absences ou de retards de cotisations de certains Etats.
Cela n’a pas été le cas cette fois. Le Japon, l’Islande et la Norvège – qui ignore le moratoire – ont fait le plein des voix et peuvent ainsi défendre et proposer d’augmenter leurs prises – 2 000 par an – au nom de la recherche scientifique. Un argument qui ne tient guère. Pas plus que ne tient celui de l’alimentation défendu par Clarice Charles, la représentante de Grenade, qui, évoquant à cette occasion le spectre de l’esclavage, a rappelé le droit des pays à utiliser leurs ressources halieutiques pour faire vivre leurs populations. Un droit que les Japonais ne peuvent faire valoir. En 1960, ils consommaient 220 000 tonnes de chair de cétacés. En 1990, seulement 1 500.
Jean-François Augereau (avec AFP)
Article paru dans l’édition du 20.06.06





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