Le Japon veut remettre la baleine dans les assiettes


TOKYO (Reuters) – Des sandwiches de baleine figurent désormais sur la carte du restaurant d’Akiji Ichihara pour attirer une jeune clientèle qui boude le blanc de baleine bouilli ou les tranches de baleine crue.

"Si vous servez uniquement de la baleine crue, les jeunes ne vont pas en manger", explique Ichihara, qui propose des "burgers" de baleine – viande de baleine, salade, mayonnaise, ketchup entre deux tranches de pain – une fois par mois dans son restaurant à Wada, une ville côtière.

"Donc j’ai décidé de l’assortir de deux tranches de pain pour encourager les gens à en manger. La baleine fait partie de notre culture culinaire, alors j’aimerais qu’elle soit plus accessible", explique le restaurateur.


Décidé à reprendre la pêche commerciale à la baleine interdite depuis 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI), le Japon va accueillir cette semaine une réunion extraordinaire des membres de la CBI avant la conférence annuelle en juin.
 

Les autorités japonaises comptent faire valoir que le moratoire n’a plus de raison d’être étant donné que certaines espèces se sont suffisamment reconstituées pour recommencer à être chassées.

La réunion aura également pour objectif, expliquent-elles, de renouer le dialogue entre les membres de la CBI, divisés entre adversaires et partisans de la reprise de la pêche commerciale.

Mais seulement 34 des 72 membres de la CBI devraient participer à la réunion organisée par le Japon, qui sera notamment boycottée par les Etats-Unis, l’Australie et la Grande-Bretagne.

En dépit de la détermination de son gouvernement à reprendre la chasse à la baleine, la population est de moins en moins friande de ce mets délicat, qui faisait autrefois partie de l’alimentation quotidienne.

"Je n’ai pas vraiment envie de manger de la baleine, même si je l’ai fait par le passé", dit Hitoko Makigaki, 44 ans, sortie faire une pause cigarette. "Le nombre de baleines est en baisse et il y a un tas d’autres bonnes choses à manger", poursuit-elle.

CAMPAGNE DU GOUVERNEMENT

Cette relative indifférence contraste avec l’émoi provoqué par la baisse des quotas de pêche pour le thon, poisson qui entre dans la composition des sushis.

"La baleine, je peux m’en passer", explique Yuji Sasaki, 39 ans, qui travaille pour une entreprise de marketing. "Le thon a bien plus de goût".

Dans les générations précédentes, la baleine était servie à la cantine des écoles. Riche en protéines, elle avait été introduite sous l’occupation américaine après la défaite du Japon pendant la Seconde guerre mondiale.

La consommation a brusquement chuté lorsque le prix du mammifère a grimpé après l’introduction du moratoire sur la pêche commerciale en 1986.

"Il y a eu une époque où il n’y avait que de la baleine à manger et nous n’avions pas de viande. Nous n’avions pas le choix", explique Yoko Tomiyama, présidente de l’Union japonaise des consommateurs.

Le Japon s’est jusqu’à maintenant conformé au moratoire mais, avec l’Islande, utilise une faille du texte pour procéder à de la pêche à la baleine à objectif scientifique.

La viande de baleine finit dans les restaurants huppés ou sur les rayons des supermarchés mais elle ne constitue plus un mets quotidien.

Les stocks de viande de baleine s’élevaient en novembre dernier à 4.403 tonnes contre 3.634 tonnes fin 2005.

Selon des opposants à la chasse à la baleine, cette surabondance a provoqué une baisse de la demande.

Or la législation de la CBI impose que la viande des baleines utilisées pour la recherche scientifique soit revendue à la consommation.

"A moins qu’ils ne réussissent à vendre les baleines qu’ils prennent, ils ne pourront pas poursuivre la pêche scientifique", explique Nanami Kurasawa, secrétaire général du Réseau d’action en faveur des dauphins et des baleines.

Pour tenter d’augmenter les ventes, le gouvernement assure la promotion de la viande de baleine et le mois dernier, elle a été réintroduite au menu des cantines de certaines écoles primaires.

"L’alimentation est un choix privé. Nous ne pensons pas que le gouvernement devrait interférer, financer et promouvoir la baleine dans les écoles", estime la présidente de l’Union des consommateurs.

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One comment


  • ça y est je t’ai ajouté à mes links!
    et bravo pour ton blog!
    David

    Reply
    davidFebruary 18, 2007 3:33 pm

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